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Les chirurgies endoscopiques urologiques ne sont pas sans risques pour le patient, mais aussi pour le chirurgien qui les pratique. En effet, celui-ci encourt trois risques principaux à ce niveau, à savoir les projections de liquides biologiques et d’irrigation, le rayonnement laser et les rayons X. pour s’en prémunir, le chirurgien doit porter des lunettes de protection. Le point sur les risques liés aux chirurgies endoscopiques urologiques avec le Docteur Jean-Pierre Giolittoancien chef de clinique et urologue à Paray le Monial.

Le risque de projection de liquides biologiques et d’irrigation

Il existe en effet un risque de projection de liquides biologiques et d’irrigation pendant une intervention endoscopique, notamment durant une cystoscopie. Le risque dans ce cas a été estimé à 42,8%, selon la seule étude qui a spécifiquement rapporté l’incidence de l’exposition oculaire lors de la réalisation d’une cystoscopie avec un endoscope rigide muni d’un équipement vidéo. Selon le Docteur Jean-Pierre Giolitto, il existe également un risque de projection des liquides biologiques et d’irrigation durant les résections endoscopiques de prostate (REP) et vessie (RETV), mais aussi durant l’urétéroscopies, et la néphrolithotomie percutanée (NLPC).

Utilisation du laser et lésions oculaires

Une étude a rapporté une incidence de lésion oculaire liée aux lasers en urologie dans 37,9% des cas. Il convient de noter à ce niveau que ces lésions se sont produites en l’absence de protection oculaire adéquaté, couplée à l’utilisation du laser Nd :YAG dans la majorité des cas rapportés (69%), de lasers à diode (20,1%) et le KTP (11%). Cela dit, aucune lésion oculaire n’a été rapporté lors de l’utilisation des lasers Ho :YAG et Tm :YAG.

Les risques oculaires liés aux rayons X

Tout urologue est sujet à un risque d’exposition aux rayonnements ionisants, en raison de l’utilisation quasi systématique de la radioscopie lors des interventions endo-urologiques. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le métier d’urologue est classé dans la catégorie professionnelle à risque. Le risque principal est lié à l’opacification du cristallin, le tissu le plus sensible aux rayons X. C’est ce qui a poussé l Commission internationale de protection radiologique (CIPR) à fixer les valeurs d’exposition annuelle aux rayons X à un maximum de :

  • 20 mSv de dose efficace pour le corps entier, et des doses équivalentes de 500 mSv pour les extrémités ;
  • 20 mSv pour le cristallin.

Source :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7462469/